L’exposition aux pesticides se caractérise par une multiplicité des voies d’exposition, en effet ces substances peuvent pénétrer dans l'organisme par contact cutané, par ingestion et par inhalation. On distingue généralement deux types d’exposition :
Les expositions primaires. Elles concernent les personnes manipulant les produits, au moment de la préparation, de l’application mais aussi du nettoyage des appareils de traitement. Les populations concernées sont bien évidemment les agriculteurs et les professionnels mais tout un chacun est également exposé lors de l’utilisation de produits à usages domestiques ou d’entretien des jardins.
Les pesticides utilisés dans les champs ou à domicile sont trop souvent entreposés sans précaution particulière dans les habitations et les membres de la famille peuvent y avoir facilement accès. Ces substances toxiques peuvent, dans ces conditions, contaminer l'eau ou les aliments et polluer l'air ambiant. Plus grave encore, ils peuvent conduire à des expositions accidentelles des plus jeunes enfants. Ces accidents domestiques sont encore trop nombreux ! Les pesticides doivent être stockés sous clef, dans un endroit frais, sec et bien ventilé de préférence à l’extérieur des habitations.
En préalable à la mise sur le marché d'un produit phytopharmaceutique, la réglementation impose une évaluation des risques pour la santé des applicateurs à l'aide d'outils de modélisation, conduisant à des recommandations quant aux conditions d’utilisation du produit et aux mesures de protection individuelle à mettre en œuvre.
Les expositions secondaires. Elles concernent l’ensemble de la population, qui est exposée aux résidus de l’usage de ces produits, au travers de son alimentation et de son environnement.
Les données de surveillance des milieux dont on dispose aujourd’hui concernent principalement l’eau et les denrées alimentaires. Les mesures de contamination des fruits et légumes par exemple sont conduites sur les produits entiers avec leur peau, même si elle ne se consomme pas, dans ces conditions, les teneurs mesurées sont donc supérieures à celles réellement absorbées puisque l’on ne tient pas compte de leur préparation.
Aujourd’hui, les mesures de contamination des sols et de l’air sont encore trop récentes et disparates pour permettre de renseigner correctement ces voies.
Dans ces conditions, il n’est pas possible de proposer une hiérarchisation des voies d’exposition aux pesticides.
Quelques populations ont été identifiées comme particulièrement à risque. Il s’agit de la femme enceinte exposée aux pesticides, l'enfant qu'elle porte est, lui aussi, exposé avant même sa naissance. Le bébé peut également être en contact avec des pesticides persistants et bio-accumulables par le lait maternel. D'où la nécessité de protéger la femme enceinte et la mère allaitante contre une exposition à ces contaminants.
De même, le jeune enfant est toujours attiré par son environnement immédiat. Il joue volontiers par terre et a tendance à mettre des choses dans sa bouche. Il risque donc d'absorber des doses non négligeables de pesticides provenant du sol, de la poussière ou de divers objets contaminés qu'on trouve en milieu rural, mais aussi urbain, à la maison ou au jardin.